© Isabelle Fabre

Isabelle Fabre est une « happy-entrepreneuse » de 34 ans. Dans une autre vie, elle était ingénieure et amoureuse. Presque du jour au lendemain, elle s’est retrouvée sans job et sans compagnon. Alors, elle a décidé de partir six mois pour l’Australie en espérant y trouver des pistes pour mieux aborder son avenir. Mais une rencontre avec un requin blanc sur une plage paradisiaque a bouleversé la vie de cette pétillante Niçoise. Attention : pic de boost à prévoir après la lecture de cette interview !

Comment a commencé ton histoire ? 
Je n’étais plus épanouie professionnellement depuis un moment mais je me mentais. Je m’endormais en réunion alors qu’on était deux dans la salle ! (rires) Pour ça, je me réfugiais dans le sport. Mais j’ai quand même négocié une rupture conventionnelle. Et puis, une rupture amoureuse m’a poussée à m’interroger sur mes valeurs, mon bonheur. Je me suis dit qu’il fallait creuser cette « double rupture », partir loin et longtemps. Alors j’ai tout plaqué.
Comment as-tu choisi ta destination ?
J’avais besoin de soleil et de partir vraiment très loin. De mettre des kilomètres et des kilomètres entre mon quotidien et moi. Du coup, j’ai choisi l’Australie que je voyais comme le « voyage d’une vie ». Mais dans mon esprit, je revenais six mois plus tard pour trouver un job salarié. 
Quand et pourquoi es-tu partie ?
Je suis partie assez vite, c’était en 2014… Whaou ! Sept ans déjà ! Je crois que je suis partie pour revenir à des choses simples. 
Comment as-tu préparé le départ ? 
Zéro préparation ! J’ai juste vendu toutes mes affaires et confié ma voiture à mes parents. J’avais réussi à mettre de côté à peu près quinze mille euros mais je comptais bosser sur place. J’ai pris un billet aller-retour de six mois avec dates modifiables. 
A quoi as-tu pensé dans l’avion qui t’amenait vers l’Australie ? 
Je me suis retrouvée installée à côté d’un ancien date « Meetic » donc pas terrible ! (rires) Mais j’étais excitée, je n’avais aucun projet, je me disais que j’avais du temps. 
As-tu eu peur les premières semaines ? 
Oui ! Terriblement ! Ça m’a d’ailleurs pas mal gâché le début. En fait, je pensais sans cesse au retour : comment j’allais expliquer ce trou de six mois sur mon CV ? Et puis j’ai eu des soucis aux yeux et j’ai notamment marché sur un « poisson-pierre », très venimeux… (rires)
Comment as-tu géré tout cela ? 
Je me plaignais beaucoup ! (rires) Ce qu’il faut savoir, c’est que beaucoup de gens viennent en Australie suite à une rupture. C’est le bout du monde, on a la sensation d’être loin de tout. Souvent, la question qui revient le plus entre étrangers, c’est « Et toi, tu fuis quoi ? ».
En parlais-tu à tes proches ?
Non, mes parents ne sont pas de grands voyageurs. Ça aurait pu les inquiéter. Je me confiais un peu à ma meilleure amie.
Sur place, avais-tu un plan B au cas où l’expérience ne te plairait plus ? 
Mon billet d’avion modifiable jusqu’à trois fois était amplement suffisant.
A quoi ressemblaient tes journées en général ?
Les trois premiers mois, je travaillais comme serveuse grâce à mon visa « travail/tourisme », je faisais du kite-surf, de la planche à voile, je retrouvais de nouveaux amis autour du feu le soir. Ambiance très sympa. Ensuite, j’ai rencontré quelqu’un et on a fait le tour de l’Australie ensemble, les trois derniers mois. C’est là que je me suis retrouvée nez à nez avec un requin blanc et que tout a vraiment commencé pour moi !

C’est à dire ? 
J’avais eu la bonne idée de lancer mon drone avant de monter sur mon kite-surf et toute la scène de ma rencontre avec ce requin de quatre mètres de long a été filmée. La vidéo a fait le buzz, d’abord en Australie et puis en France. Une chaîne m’a interviewée et proposé de devenir chroniqueuse. J’ai développé mes réseaux sociaux, j’ai réalisé un bilan de compétences et depuis, je travaille avec pas mal d’offices de tourisme.
Quel conseil donnerais-tu à une femme qui voudrait partir comme toi ?
Ne pas hésiter une seconde à partir ! Je motive les gens à ne pas rester si leur vie ne leur convient pas ou plus. 
Avec ton expérience, est-ce qu’il y a une chose que tu aurais fait différemment ? 
J’aurais plus profité de l’Australie sans penser à ce trou de six mois sur mon CV.
Qu’est-ce que tu as appris sur toi au cours de ce changement de vie ?  
Que je savais rebondir, que j’avais ce truc en moi, cette capacité à repartir. C’est désormais ancré en moi ! Avant, je manquais terriblement de confiance. 
Si tu avais en face de toi Isabelle la veille du départ pour l’Australie, que lui dirais-tu ? 
« Profite de ces six mois ! »

Pour suivre Isabelle Fabre et ses beaux voyages, découvrez son site juste ici

 

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