Aurélie Valognes : Partir… à l’étranger et devenir écrivain à plein temps

par | Déc 4, 2020 | Partir | 1 commentaire

Crédit : Christin Hume

Super-star de l’édition, Aurélie Valognes signe de sa plume solaire de beaux romans humains, ancrés dans le quotidien, depuis 2013. Mais comment en est-elle arrivée à devenir l’une des autrices les plus lues en France ? En écoutant sa voix et en prenant un risque. Sept ans après avoir quitté la France pour l’Italie, elle nous raconte ses débuts avec beaucoup de rires, un peu de larmes et un excellent conseil piqué aux « Bronzés » !

Comment a commencé votre histoire ? 

J’ai suivi mon mari qui avait été muté à l’étranger. Je travaillais depuis longtemps dans le marketing, pour le compte d’une grande entreprise américaine en France. Je frôlais le burn-out, parce que je faisais le job de trois personnes et je sortais d’un petit baby-blues. Mon mari lui a été promu et muté en Italie. On avait déjà vécu séparément quand j’avais été envoyée en Suisse et là, il n’était pas question de le refaire, donc je l’ai suivi ! 

Vous décidez de tout quitter et de faire de cette opportunité, l’occasion d’écrire. A quoi avez-vous pensé lorsque vous avez démissionné ?

En jetant sept années de papiers accumulés, je me suis dit que tout ça aurait pu faire au moins dix romans ! (rires) Quand j’étais plus jeune, je rêvais d’être écrivain mais je n’ai pas pu assouvir ce désir. Il n’y a pas d’école pour devenir écrivain, alors ce n’est pas vraiment un métier. Mais le jour où j’ai démissionné, je l’ai quand même dit comme ça, à ma cheffe juste pour voir sa réflexion. 

En quittant votre job, Paris et vos habitudes, vous aviez donc déjà en tête le projet ? 

Quand j’ai démissionné, je ne voulais pas que ma vie tourne autour de mon mari ou de mon bébé. Et puis je faisais constamment ce cauchemar où je voyais ma tombe avec écrit dessus « Aurélie Valognes, écrivain ». Je me suis dit qu’il y avait un truc de ce côté-là. 

Vous aviez quand même un plan B en arrivant en Italie ? 

Non. Je suis arrivée le 13 novembre 2013 et je ne parlais pas du tout l’italien. J’avais des cours tous les jours de 14 à 16h et j’avais réussi à obtenir une place en crèche pour mon fils. Après 16h, je devais aller le récupérer. Je me suis dit « Il faut que tu t’occupes de 9h à 14h », il fallait que j’utilise ce moment rare dans une vie pour écrire. 

Avez-vous pris votre temps pour écrire ou vous êtes-vous mise à l’eau très vite ? 

J’ai fait beaucoup de recherches. Je me souviens avoir regardé des vidéos sur Youtube avec des méthodes d’écriture, des conseils qui posent les bonnes questions et une surtout qui s’appelait « Écrire un roman en 100 jours ». Donc je me suis dit « Allez, j’écris ce roman et je trouve un travail après ». 

Qu’est-ce qui a été l’élément déclencheur ?  

A la télévision italienne, je regardais une émission qui s’appelait « Masterpiece : talent scrittori » et j’y voyais des gens pitcher leurs idées de romans face à un jury de professionnels. Il y avait des gens de l’édition, un libraire et un journaliste je crois. Je les voyais vivre mon rêve et c’est ça qui m’a mis un coup de pied dans le derrière !

Était-ce un projet secret ou en parliez-vous ouvertement à vos proches ? 

Archi-secret ! Je n’en ai parlé à personne mais j’écrivais tous les jours en suivant les conseils. D’abord la note d’intention, les fiches-personnages, dessiner un vrai méchant etc. En mai, c’était quasi-fini mais je ne voulais pas abandonner mon récit, alors je l’ai fait lire à mon mari et à ma meilleure amie qui l’ont évidemment trouvé génial ! (rires) Je ne les croyais pas parce qu’ils sont obligés de me dire que c’est super ! Alors, je devais le faire lire à des inconnus parce que je me suis dit que des lecteurs pouvaient aimer cette belle histoire (« Mémé dans les orties », ndlr). Je ne voulais pas recevoir la fameuse lettre de refus de maisons d’éditions et j’ai trouvé le système de l’auto-édition. J’ai choisi la plateforme la plus simple et la plus connue, et en trente minutes, mon dossier était rempli. J’ai fait moi-même la couverture en bidouillant sur Paint avec ce fond vichy bleu ! (rires) En juillet, c’était en ligne et je commençais un nouveau travail, le lendemain. Je savais que j’allais retrouver un rythme effréné donc ça m’arrangeait bien que le roman vive et ne meurt pas dans mon ordinateur. 

Avez-vous eu peur les premiers mois ? 

Je ne parlerais pas de peur mais j’avais hâte. J’étais curieuse de voir la réaction des gens, face au titre, à la couverture et surtout face à mon histoire ! Je me souviendrais toujours du premier commentaire « 5 étoiles » d’une Sylvie Fureur. Une véritable inconnue !

Et ensuite ?

J’étais dans le top 100, puis le top 10 et je suis restée n°1 pendant six mois. Et ensuite, j’ai été contactée par une maison d’éditions. Le succès en ligne a été un vrai gage de confiance. 

Et la peur aujourd’hui existe-t-elle ? 

Oui ! Beaucoup plus que pour le premier roman où je n’écrivais que pour moi ! (rires) Là, je sais qu’il y a une attente, que les gens vont se ruer dessus pour le lire !

Aviez-vous un plan B au cas où l’expérience ne marcherait pas ? 

Pas besoin car je n’avais pas le rêve d’être publié mais celui d’écrire et c’était fait. 

Comment ont réagi vos proches ? 

Les proches sont bienveillants mais ils ont tendance à vous mettre dans des cases. Il faut en sortir, résister à cette injonction de « l’adulte responsable ». 

Quel conseil donneriez-vous à une femme qui souhaiterait partir assouvir une envie artistique ?

Je donnerais celui de Jean-Claude Dusse (dans « Les Bronzés font du ski », ndlr) qui dit : « Vas-y, fonce ! Sur un malentendu, ça peut marcher ! ». (rires)

Avec votre expérience, est-ce qu’il y a une chose que vous auriez faite différemment ?

Je me serais peut-être beaucoup plus relue ! J’ai une très bonne orthographe mais quand on écrit un roman, il y a toujours des coquilles qui nous échappent et qui m’ont value des commentaires « 1 étoile ». 

Qu’avez-vous appris sur vous au cours de l’écriture de ce premier roman ?

Que j’étais quelqu’un de tenace. Quand j’ai un objectif, je sais le tenir, aller jusqu’au bout.

Si vous aviez en face de vous la Aurélie, le jour de la démission, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais : « Tout va bien se passer, tu n’imagines pas tout ce qui va arriver ». (Elle est très émue) Je lui dirais aussi : « Tu n’auras aucun regret d’être partie alors écoute ta voix intérieure, autorise-toi à être celle que tu es ». 

Les cinq romans déjà publiés d’Aurélie Valognes.

Sur le même thème

Laura Pouliquen : Partir… vivre à Dubaï

© DR Laura Pouliquen a 32 ans et vit à Dubaï depuis plus d’un an maintenant. Comme près de 22 000 Français aujourd’hui, elle s’est expatriée à Dubaï avec son mari et leur fille de quelques mois. Depuis, elle tient un podcast qui dévoile les visages (et les voix !) des...

lire plus

1 Commentaire

  1. cerda

    C’est la preuve que dans la vie il faut toujours aller au bout de ses rêves
    et surtout croire en soi et cet interviewe en est l’exemple.Bravo

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *