Laura Daniel : « La nature est si étonnante que je suis presque certaine que mes plantes sont susceptibles d’exister quelque part »

Dessin extrait de l’herbier imaginaire de Laura Daniel

L’Extasia rallentator double la durée des moments heureux. La Rosae nihilum maxima transforme les petits rien en grandes choses. Le Cardamum diem prolonge l’éphémère. Tirées tout droit de l’herbier rêvé de Laura Daniel disponible sur Instagram, on aimerait que ces plantes magiques soient bien réelles. Et pourtant. Pendant tout le mois d’octobre, dans le cadre d’Inktober, l’artiste a imaginé toute une pharmacopée capable de soigner les maux, apaiser les vagues à l’âme, adoucir les quotidiens mouvementés. Et elle y est parvenue en mêlant toutes la puissance réelle des plantes à l’absolu nécessité de l’art pour embellir un quotidien. Avec un soupçon d’imagination et une grande dose de talent, elle parvient à travers ses dessins à montrer combien nature et chimères peuvent s’entremêler, combien on en a besoin pour s’évader. Par ses talents, elle démontre aussi que la poésie se cache en toute chose pour peu qu’on ait envie de la voir. Voici l’histoire de celle qui redonnait vie à l’imaginaire.

Qui es-tu, quel est ton parcours, que fais tu ?

Je m’appelle Laura Daniel, j’ai 32 ans et je suis parisienne. Je travaille dans l’art contemporain, je suis en charge de produire des expositions. Ce métier m’a conduite à vivre à Venise pendant quelques années merveilleuses.

Comment l’art et le dessin sont-ils entrés dans ta vie ?

J’ai la chance d’avoir eu des parents formidables qui m’ont sensibilisée à l’art, mais surtout à la création ; ils m’ont fait comprendre la valeur et l’importance d’une belle idée. J’ai toujours dessiné : beaucoup petite, moins à l’adolescence, et depuis quelques années c’est une pratique quotidienne. J’entends par là que je peux griffonner le profil d’un voisin sur un bout de serviette, ou élaborer quelque chose de plus ambitieux. Ça dépend ! J’ai toujours un crayon et un carnet format A6 dans mon sac.

Cela fait longtemps que tu participes à Inktober ? Qu’est-ce qui te plait dans cette initiative artistique ?

C’est la deuxième année que je participe à Inktober. J’ai d’ailleurs créé mon compte Instagram l’année dernière pour cela ! Je m’étais lancé le challenge de dessiner le matin, avant de partir travailler, et donc en moins d’une heure. Pari tenu ! J’ai dessiné une série de personnages dans des situations où on ne les attend pas, au crayon de couleur. Et puis j’ai commencé la série des rêves, que j’ai beaucoup développé pendant le confinement, un vrai bonheur.

Tu élabores en ce moment un herbier magique, dans le cadre de Inktober justement. Quelle thématique as tu choisi pour penser à l’herbier ?

J’ai voulu continuer à travailler mon imagination, et la nature est si étonnante que je suis presque certaine que mes plantes sont susceptibles d’exister quelque part.

Quelle est l’histoire de cet herbier ?

Je voulais trouver un sujet qui fonctionne avec l’idée de série. Pour être honnête, je voulais aussi trouver un thème qui ne me demanderait pas trop de temps. Évidemment, je me suis fourvoyée, car je passe environ deux heures sur chaque dessin. Après une journée de travail, ce n’est pas toujours simple !

Comment imagines-tu ces plantes ? Leur nom ? Et comment les dessines-tu ?

J’ai noté quelques idées de vertus imaginaires tout le long du mois d’octobre. J’en ai aussi parlé avec mes amis qui m’ont donné de super idées. Ensuite pour le dessin je laisse aller la main, j’ai rarement une idée au départ. Je teste quelques formes, puis j’enrichis l’ensemble pour créer une image onirique. Je dessine à la tablette graphique, ce qui me donne beaucoup de liberté pour revenir sur mes traits, mes couleurs, mes plans. Le nom vient à la toute fin, je m’amuse avec les vertus de la plante, son aspect, et un faux latin où tout finit en um, us ou ae.

Des déclinaisons revisitées c’est de la pure poésie en dessin ! Est-ce parce qu’on a besoin de douceur, de rêve et d’imaginaire en ce moment plus que jamais ?

J’ai reçu beaucoup de messages allant dans ce sens, ce qui me fait un plaisir immense. Cette période est extrêmement troublante et tragique à plein d’égards. La création et un outil formidable pour s’évader, panser ses plaies, espérer et progresser. La musique, l’humour, la langue, tout est source de création. Chérissons-la plus que jamais.

Quelle est ta plante préférée dans ton herbier et dans la vie ?

Pour moi chaque plante de l’herbier est comme un « mood of the day ». Chaque plante correspond à une humeur et à une inspiration ! Dans la vie je me damne pour les pivoines. Mais je ne suis pas très érudite en botanique !

Quelles sont tes inspirations ?

Tout. Les plus grands artistes, quelque chose croisé sur mon chemin dans la rue, Instagram, mes amis, l’émission « sur les épaules de Darwin » sur France Inter, Francis Hallé, les couleurs…

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