Delphine : Partir… à Amsterdam épouser son petit ami du collège

Crédit : Priscilla Du Preez

Les ingrédients de cette histoire auraient pu inspirer une comédie romantique. Employée de banque, mariée et mère de trois enfants, Delphine menait une vie banale jusqu’à ce qu’elle retrouve son tout premier petit ami, grâce à la magie des réseaux sociaux. Elle a tout plaqué pour partir le retrouver à Amsterdam. Interview à dévorer avec du pop-corn, en écoutant « Careless Whisper » de George Michael… 

Quel âge as-tu et que fais-tu dans la vie aujourd’hui ? 

J’ai 48 ans et je vis à Amsterdam où je suis « kraamzorg ». C’est à dire que j’accompagne quotidiennement au sein de leur domicile, des jeunes parents, pendant huit jours suivant l’accouchement.

Comment a commencé ton histoire ?

Martin était mon premier petit ami quand j’étais ado. À l’époque, je vivais avec ma mère à Amsterdam, c’est là que j’ai grandi. J’ai quitté la ville à quinze ans. Je suis restée en contact avec quelques amis dont Rudy, qui est retourné aux Pays-Bas, à l’été 2014. C’est lui qui m’a dit que Martin avait essayé de me retrouver sur Facebook mais mon prénom et mon nom étant assez courant, il ne m’avait pas trouvée ! Rudy lui a donc donné mon Facebook. 

Qui a fait le premier pas ? 

Martin m’a envoyé une invitation sur Facebook et je l’ai acceptée. On a commencé par liker nos publications et nos photos. J’ai vu qu’il était divorcé et père d’un petit garçon. Le 1er novembre 2014, on a commencé à s’écrire et ça ne s’est plus arrêté. Il avait une excellente mémoire. Par exemple, il se souvenait que je détestait les spaghettis à la bolognaise ! (rires) Et surtout, il a conservé toutes les lettres que je lui avait écrites. Même le CD de George Michael, « Careless Whisper » qu’on écoutait. Aujourd’hui, il est encadré chez nous.

Quand as-tu commencé à envisager de partir vivre à Amsterdam avec lui ? 

Très vite. A ce moment-là, j’avais 42 ans, je vivais à Paris et je m’ennuyais dans mon couple. Lui me redonnait le sourire dans ses messages. Pourtant, je lui ai posé un milliard de questions pour avoir son avis sur tout : la politique, la religion etc. Tout ! Il n’y avait pas une seule mauvaise réponse. C’était fou ! (rires) Le 10 novembre, je suis allée à Amsterdam, c’était pour le boulot et prévu depuis longtemps. On s’est vus bien sûr et c’était super ! (rires) Le 25 novembre, c’est lui qui est venu à Paris.

Qu’est-ce qui t’as encouragé à tout plaquer pour aller à Amsterdam ? 

Nos rencontres, nos messages… J’ai toujours espérer trouver mon âme soeur. J’ai sincèrement aimé le père de mes enfants mais Martin sait qui je suis. Et puis Amsterdam me manquait. Le départ définitif s’est imposé comme une évidence. Ni lui, ni moi ne voulions d’une relation à distance. 

Comment ont réagi ton compagnon de l’époque et vos enfants ? 

Très mal. Il n’a pas parlé et fait l’autruche mais au fond, il savait que j’avais adoré mon enfance là-bas. Mon aîné avait seize ans et un projet professionnel sérieux, incompatible avec un déménagement à Amsterdam donc il est resté en France avec son père. Les deux autres avaient neuf et onze ans. Ils connaissaient déjà la ville, ils ont vite compris. 

Et le reste de ton entourage ? 

Ça a fait le tri ! J’ai eu quelques réflexions désagréables mais je n’en avais rien à faire. J’avais envie de leur dire « Ne m’en voulez pas de faire ce que vous n’avez pas pu faire ». Il y avait autant de surprises que de jugement. Je me souviendrais surtout de trois copines qui ont été de supers soutiens. 

Et Martin ? 

Je me souviens qu’il m’a dit « Je vais venir te chercher et t’épouser ». Il l’a fait. (rires)

Comment as-tu préparé le départ ?

A l’époque, je travaillais dans une banque et j’ai parlé de ma volonté d’être mutée, à mon manager le 31 décembre. Je lui ai dit : « Je pars avec ou sans vous ». Ensuite, j’ai enchaîné les rendez-vous médicaux et je me suis occupée de la transition scolaire pour les enfants, tandis que Martin préparait notre nouvelle vie. Il n’habitait pas à Amsterdam, il a dû s’organiser aussi de son côté.

A quoi as-tu pensé dans le train qui t’amenait définitivement à Amsterdam ? 

C’était au milieu du mois d’avril 2015, j’avais pris un café toute seule à la gare du Nord et j’avais la chanson « One Way Ticket To The Moon » dans la tête. (Elle chantonne un peu) Je me suis dit : « Je vais chez moi ».

As-tu eu peur ? 

Absolument pas. J’avais surtout dû mal à réaliser qu’Amsterdam était de nouveau ma ville. Martin est venu me chercher à la gare avec des fleurs et les clés de notre maison. 

Qu’est-ce que tu as appris sur toi, avec cette décision ? 

Je me suis affranchie de mes deux parents. Je suis au bon endroit, avec la bonne personne et je fais ce que je dois faire. Tout est aligné, parce que j’ai su saisir au vol des opportunités. Je n’ai rien fait d’extraordinaire, j’ai juste osé. 

Si tu avais en face de toi Delphine, ado, que lui dirais-tu ? 

Ne t’inquiète pas : il y a quelqu’un pour toi, le prince charmant sera là et ce ne sera pas ton père. 

Un mot pour résumer ta vie aujourd’hui ?

Épanouissement et gratitude. 

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