Baptiste Lanne, l’artiste qui cherchait le juste équilibre entre nature, design et poésie

Baptiste Lanne, artiste et designer

Artiste extrêmement talentueux doté d’une grande sensibilité pour l’environnement, Baptiste Lanne est un Normand qui a fait ses armes à Paris avec les plus grands mais qui a préféré retourner vivre au coeur de la nature à Biarritz. Un choix essentiel dans sa carrière qui lui a permis d’intégrer un collectif d’artistes et lui a offert de quoi s’exprimer librement à travers ses sculptures et ses lampes, toutes réalisées à la main dans des bois aussi beaux et précieux que magiques à regarder. Son travail n’est fait que de courbes de façon à épouser au mieux les matériaux organiques que lui/nous prodigue généreusement la nature. Et il rassure son travail. Il est chaleureux et enveloppant. Son urgence à renouer avec la terre se retrouve pourtant en légèreté dans ses pièces pleines de poésies. Et le résultat est beau, très beau.

Salut Baptiste, quel est ton parcours ?

Je suis designer. J’ai travaillé pendant une dizaine d’années pour différents studios de design, comme Philippe Starck ou Habitat. Puis, petit à petit, le besoin d’instaurer une distance par rapport au travail sur écran au profit d’un processus créatif plus personnel et sensible s’est présenté. J’ai voulu renouer avec une certaine liberté de l’enfance, retrouver la dimension artisanale du design, un outillage manuel et des matériaux naturels.

Tu es un Normand passé par Paris et parti vivre à Biarritz, pourquoi ce changement de vie ?

Je vis à Biarritz depuis deux ans. Mes revenus ne me permettaient pas de louer un atelier à Paris. Ici, j’ai eu l’opportunité d’intégrer un collectif d’artistes installé dans un lieu magnifique. Autrefois les Serres de la Milady abritaient une entreprise d’horticulture, aujourd’hui nous sommes une vingtaine d’artistes à disposer chacun d’un atelier et à participer à la vie culturelle de la côte Basque. 

 

Studio de Baptiste Lanne à Biarritz

Comment définirais-tu ton style ?

Je crée des pièces uniques, essentiellement des lampes, fabriquées à la main à partir d’essences de bois provenant du Gers : du noyer, du tilleul, du chêne. Le contraste entre les surfaces lisses et celles sculptées à la gouge constitue la base de mon travail, le caractère commun aux formes organiques, naïves et poétiques que j’imagine. C’est un langage à part entière me permettant de valoriser l’intervention de la main, la singularité de chaque pièce et par le jeu des textures, la lumière elle-même.

Les arbres communiquent, souffrent et prennent soin les uns des autres. Il n’en faut pas moins à mes yeux pour faire du bois un matériau supérieur, emprunt de poésie.

Comment travailles-tu aujourd’hui ? Comment penses-tu tes objets ?

Je n’ai pas de routine de travail particulière. Je passe certains jours à sculpter et poncer des heures durant, d’autres à dessiner, à chercher de nouvelles lignes, l’harmonie des textures, le juste équilibre.

Quels sont tes matériaux de prédilection ?

Les arbres communiquent, souffrent et prennent soin les uns des autres. Il n’en faut pas moins à mes yeux pour faire du bois un matériau supérieur, emprunt de poésie. C’est aussi un matériau durable qui requiert un soin particulier. Je finis chacune de mes pièces par l’application d’une couche de cire d’abeille naturelle qui nécessitera d’être renouvelée de temps à autre par les personnes qui les acquièrent. L’attention que nous portons aux objets du quotidien est une réponse à l’obsolescence, l’une des conditions d’un monde pérenne.

 

Lampe Corolle Walnut de Baptiste Lanne

Quelles sont tes inspirations ?

La nature sans aucun doute. Les écorces et les cailloux insolites, les branches et les feuilles mortes, les carapaces d’insectes et des coquillages percés. J’imagine certaines de mes pièces comme des autels pour ces trésors. Faire entrer la nature dans nos espaces de vie est l’une de mes obsessions. 

Les designers et artistes que tu admires ? 

Les travaux de Barbara Hepworth, Charlotte Perriand, Jean Arp ou Thaddeus Mosley sont fascinants. Leurs oeuvres ont le pouvoir de transformer radicalement l’atmosphère des espaces dans lesquels elles se trouvent. Ils ont créé des formes qui convoquent l’imaginaire et élèvent l’esprit. 

On dit que le beau sauvera le monde. En cette période particulière et du fait de ton métier, qu’en penses-tu ?

Le beau, je ne sais pas. La poésie, c’est sûr ! C’est en tout cas ce qui m’anime : révéler la poésie du quotidien. Et bien sûr, plus que jamais en ce moment, il faut soutenir la création artistique et la culture, aller dans les musées et les galeries, les salles de cinéma et de concerts, les librairies. 

Lampe Clapot 02 Walnut de Baptiste Lanne

Des projets à venir ?

Différents projets d’expositions devraient avoir lieu d’ici la fin de l’année. Aussi, je réfléchis à la façon de partager mon expérience au travers d’ateliers artistiques destinés aux enfants. Les Serres de la Milady s’y prêtent parfaitement. Et une amie vient de créer une école alternative dans la région, je vais y intervenir de temps en temps pour y faire découvrir le travail du bois aux élèves.

Retrouvez ses créations sur son site ou sur son compte Instagram.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s