Le retour

En plein confinement
En plein confinement – Crédit : Marcel\le

Tout est fermé et pourtant Marcel\le rouvre à J+27 de confinement. Mais par où commencer ? A qui s’adresser quand presque tout est déjà dit ? C’est étonnant de ne pas savoir quoi écrire dans un monde où des flots de paroles se déversent quotidiennement devant nos yeux. Malgré ce silence, c’est très bruyant. Dans le podcast extrêmement intéressant « Métamorphose » d’Anne Ghesquière, Franck Lopvet, penseur contemporain, parle de l’urgence de se taire. Se taire pour mieux accueillir et conscientiser ce qu’il se passe. Le moment est intense, presque sacré selon lui car avec cette solitude pourtant pas nouvelle, nous sommes chacun.e, dans le monde entier, mis.es face à nos croyances et nos responsabilités. On cherche cependant à trouver un coupable à tout prix comme dans chaque guerre. 

Car c’est ce que l’on dit, on est en guerre. Moi de la guerre, j’en ai les souvenirs de ma grand-mère et de mon père. On m’a raconté la peur, les morts, les meurtres, la survie, l’expulsion aussi. Des histoires de famille qui se transmettent de génération en génération, comme marquées dans l’ADN. Et nous alors, on va en ressortir comment de cet épisode ? Qu’est-ce que l’on va transmettre ? Il est question d’un changement massif et nécessaire. Depuis 39-45, on dit que les sociétés se sont endormies, qu’elles se sont reposées sur leurs acquis et qu’un éveil des consciences doit avoir lieu. C’est vrai qu’on vivait un peu égoïstement depuis quelques temps. Ce n’est pas faute d’avoir été secoué.es à plusieurs reprises pourtant. Attentats, guerres, délocalisations massives des entreprises,  bateaux d’opprimés qui sombrent en pleine mer, enfants qui meurent de faim, animaux torturés et élevés en batterie, feux, inondations, extinctions des espèces… Tout pour nous ébranler et puis… Aujourd’hui, tout s’est arrêté (ou presque parce que la misère continue). Le monde s’est arrêté et des gens meurent. Beaucoup de gens meurent. Deux camps se sont alors dessinés. Ceux qui font tout et ceux qui ne font plus rien. Il a fallu qu’on nous enferme pour que l’on comprenne. Mais va-t-on vraiment comprendre ? Certains crient au complot, d’autres se rejettent la faute voire se volent et d’autres encore parlent de guerre bactériologique.

J’ai alors une question sucrée. Sucrée parce que c’est celle un peu naïve que l’on n’ose pas poser réellement dans ce monde (de fous ? de défaitistes ?) : quand tout cela va-t-il cesser ? Oh pas le virus, lui, il va bien finir par se dissiper. Mais nous ? Quand allons-nous arrêter de tout pointer du doigt sans nous remettre en question nous ? Pourquoi toute cette boulimie ? Pourquoi cette peur de se retrouver chez soi parfois seul.e ? En réalité, je ne crois pas que le problème soit dehors. Il est – j’en suis convaincue – dedans, en nous. Le plus dur n’est pas de changer le monde. Il est de se changer soi-même. Le monde ne s’est jamais aussi bien porté, merci pour lui de s’en inquiéter. La nature reprend ses droits dans une fulgurante fougue qui lui est propre. Et elle est là toute la magie. J’ignore encore comment on va ressortir de tout cela. Mais je sais, qu’à mon échelle, je vais essayer de changer et continuer d’aimer. 

Devanture d'une galerie d'art dans le Marais pendant le confinement
Devanture d’une galerie d’art dans le Marais pendant le confinement – Crédit : Marcel\le

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