Dans les méandres du Palais Bulles de Pierre Cardin

Le Palais Bulles de Pierre Cardin à Théoule sur Mer – Crédit : N.C

« Regarde papa, c’est la maison de Barbapapa ! » Nous sommes entrain d’admirer l’horizon marqué de surprenantes bulles rouges-orangées quand cette petite fille s’exclame de bon coeur à côté de la grille en forme de soleil. Bienvenue au Palais Bulles, l’endroit préféré du couturier et mécène Pierre Cardin qui s’offre telle une sculpture grandeur nature à la baie de Cannes.

Certaines demeures sont plus marquantes que d’autres et celle que Pierre Cardin a acquis à Théoule-sur-Mer, en 1992, au compte Pierre Bernard en est assurément une. Ce temple de 1200 m2 aux couleurs de la roche de l’Estérel doit ses courbes généreuses à l’artiste et habitologue Antti Lovag qui ne jurait que par le doux, le rond et le lisse. Pourquoi ? Pour permettre une fluidité des déplacements, des corps et des esprits bien-sûr. Car, selon lui, « dans la nature, les angles n’existent pas ». Difficile cependant d’entrer dans cette bâtisse tout en volutes et formes féminines à moins d’avoir la chance d’y être convié pour un événement privé. Car elle se loue entièrement avec ses dix suites, son salon panoramique pouvant accueillir jusqu’à trois-cent-cinquante personnes et ces nombreuses piscines. Le Palais accueille également des spectacles exceptionnels dans son amphithéâtre à ciel ouvert qui donne sur la vue infinie de la Méditerranée.

Vue sur la Méditerranée – Crédit : N.C

On entre. La vision est pour le moins spectaculaire et les couleurs sont saisissantes. Bleu, vert, terracotta. Voilà la palette chromatique qui saute aux yeux. On retrouve d’ailleurs cette nuance terre un brin rosée sur le sol. Du marbre importé spécialement de l’étranger pour se fondre au mieux avec la nature environnante. L’heure est donc bien à la déambulation dans cette maison hors-norme.

Dans les couloirs labyrinthiques du Palais – Crédit : N.C

Au fur et à mesure que l’on avance, les couleurs changent, le son s’amplifie ou se feutre selon les pièces et surtout une multitude d’oeuvres d’art de la collection personnelle de Pierre Cardin ponctuent la visite.

A l’intérieur du Palais – Crédit : N.C

Par ici, une chambre bleue qui a notamment était occupée par Lenny Kravitz il y a peu ; par là une suite crème aux allures de navire composée d’un salon, d’une petite cuisine, d’une salle de bain atypique et d’un lit posé comme en apesanteur dans une bulle plafonnée d’un hublot. Se promener dans le Palais de Pierre Cardin, c’est faire un véritable bon dans les années 1960-1970. Le mobilier est d’époque.

Une des suites du Palais Bulles – Crédit : N.C
Dans le petit salon privé de l’une des suites. Ce drôle d’objet en zig-zag n’est autre qu’une échelle menant à un lit-cocon – Crédit : N.C

De la télé en arrondi à la lampe Pipistrello de Gae Aulenti ou des murs signés par les nombreux artistes chargés de décorer les différentes pièces comme Patrice Breteau, Jérôme Tisserand ou Gérard Le Cloarec, tout n’est que design, art et voyage dans le temps. Les prouesses techniques vous laissent tout aussi coi : une porte-fenêtre ronde et démesurée s’ouvre à l’aide d’un contrepoids rond, bien évidemment ; une des bulles s’ouvre en deux dévoilant ainsi un petit coin salle à manger (lui-même escamotable) sur une piscine à débordement… La maison abrite en réalité une série de meubles dite « mobile » pour faciliter le quotidien et permettre une plus grand fluidité des mouvements.

La fameuse demi-sphère qui s’ouvre sur le jardin – Crédit : N.C
L’intérieur de la demi-sphère – Crédit : N.C

Côtés ouvertures, Antti Lovag en a imaginé trois pour faire entrer de façon la plus naturelle qui soit la lumière. Le « skydome » correspond ainsi aux hublots positionnés aux sommets des bulles s’ouvrant sur le ciel azur. « L’oculus » concerne les plus petites ouvertures situées à des endroits stratégiques comme une douche ou un lavabo. Enfin, la « baie » sont ces grandes ouvertures en arrondi et à la vue panoramique à couper le souffle.

L’une des ouvertures avec contre-poids – Crédit : N.C

Un peu plus loin se tient l’aile privée de Pierre Cardin. Parmi les objets les plus estimables, on compte une large assiette commandée par Valéry Giscard d’Estaing à Picasso posée l’air de rien dans le salon devant une large baie vitrée oblongue.

Le salon privé de Pierre Cardin où se trouve l’assiette de Picasso – Crédit : N.C

Derrière une porte ovale en PVC se cache le bureau personnel du propriétaire. Une bulle hors du temps, épurée et empreinte d’une énergie certaine. Il est possible d’y admirer une discrète plaque en cuivre ronde. Il s’agit des plans originaux du Palais gravés dans un matériau qui n’est pas sans rappeler la teinte dominante des lieux. Spectaculaire, on vous avait dit !

Le bureau de Pierre Cardin – Crédit : N.C
Le plan gravé du Palais – Crédit : N.C

2 commentaires

  1. Bravo Nolyne, ces interviews et reportages sont d’une grande qualité et originaux. Une belle découverte à à chaque fois, agréable à lire et à regarder. Bonne continuation et longue vie à Marcelle !

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