Louis Arthur, humoriste : «On manque cruellement de romantisme aujourd’hui»

par | Nov 30, 2020 | Cultures | 0 commentaires

Frédéric alias Louis Arthur

De la programmation musicale à monter sur scène, il n’y a qu’un pas pour Frédéric alias Louis Arthur ou presque. Car s’il a osé se mettre sous les projecteurs, c’est pour se frotter à un genre dont il ne pensait même pas être adepte : l’humour. C’est par un heureux hasard de programmation qu’il découvre cet univers insoupçonné. Il se forme. On lui fait remarquer à l’école sa voix. Voix qui nous aura interpellé.es aussi sur les réseaux : douce, rassurante, raconteuse d’histoire. Car c’est ce qu’il fait en attendant de pouvoir remonter sur scène : il raconte des histoires ou lit des textes de chansons en posant sa voix sur des extraits de films et de musique. Cela donne des posts Instagram décalés et enchanteurs qui offrent de l’oxygène ou une bulle de poésie. Au choix mais à écouter dans tous les cas.

Salut Frédéric, peux-tu nous raconter ton parcours ?

Je m’appelle Frédéric, mais sur scène et sur les réseaux c’est Louis Arthur. C’est un personnage que j’ai créé après ma reconversion. A l’origine, j’étais programmateur musical. Un jour, je me suis retrouvé à programmer des humoristes mais je ne connaissais absolument pas cet univers. Autant j’adore la musique et le cinéma, autant mes connaissances concernant l’humour étaient très limitées. Je me suis alors intéressé au sujet et j’ai été surpris de ne me retrouver dans presque aucun sketch. Dès que ça touchait à la sensibilité ou à l’homosexualité, soit c’était caricatural, soit c’était trop contemporain, trop conceptuel. Dans tous les cas, je ne m’y retrouvais pas. A donc germé en moi l’idée d’écrire des textes sensibles et simples.

Comment t’es-tu lancé dans l’aventure de la scène ?

Il y a deux ans, j’ai passé une audition pour intégrer l’Ecole régionale des arts de l’humour (ERAH) à Lille dans la section auteur. A aucun moment je voulais monter sur scène. Je voulais écrire pour les autres car je ne me sentais pas concerné par ce que j’entendais. Mais à l’école on m’a fait remarquer ma voix et on a beaucoup insisté pour que j’essaie de monter sur scène. J’ai fait ma première scène ouverte il y a 18 mois !

Comment est-ce que ça s’est passé ?

Je proposais un projet hybride qui a vraiment bien pris sur scène. C’était incroyable. Sur le moment je ne me suis pas trop posé de questions. Je me suis juste lancé. J’ai tout plaqué mais pour pouvoir vivre, j’acceptais des missions courtes en parallèle.  Il y a douze mois, on a monté un collectif avec des amis entre Lille, Paris et Bruxelles mais le confinement est arrivé. 

D’où tes montages et posts sur Instagram ?

Oui. Enfin j’ai aussi un podcast (L’amoureux solitaire) et j’écris des chroniques aussi, mais le compte Instagram est un prolongement plus visuel. J’ai envie de raconter des choses. Je ne suis pas à l’aise avec l’actualité et les réactions à chaud sans prendre du recule. Ce n’est pas mon truc. J’ai un côté très scolaire qui m’oblige à savoir en détail de quoi je parle. Donc, l’actu en humour, ce n’est pas pour moi. Mais raconter des histoires, ça ça me parle. J’ai un côté militant mais je ne veux pas que ça devienne mon unique sujet. J’aime prendre mon temps et présenter quelque chose d’élégant, de sensible. Comme j’écoute énormément de musique, je mixe sans problème les textes avec certains morceaux. Par exemple, dans l’une de mes publications, je lis les paroles de la chanson « Alexandre » de Juliette Armanet sur une scène du film « Maurice » de James Ivory avec Hugh Grant avec, en fond, la musique « I fall in love too easily » de Bill Evans.

Les associations sont surprenantes mais ancrées dans la pop culture. Surtout, il y toujours un air de romantisme qui flotte, non ?

On manque cruellement de romantisme aujourd’hui ! Ce n’est pas évident de proposer quelque chose de sensible sans tomber dans la niaiserie. Mais je crois que l’on vit une période où on a besoin de douceur. Je veux remettre la tendresse au coeur de tout. Montrer l’universalité des sentiments amoureux aussi. Mes références sont très populaires mais j’essaie toujours de présenter quelque chose d’élégant, d’esthétique. J’adore le cinéma contemplatif, c’est peut-être pour ça. J’aime prendre mon temps. 

Qu’est-ce qui t’inspire, quelles sont tes références culturelles justement ?

J’écoute des vinyles à longueur de journée. Je voue une véritable passion pour Vincent Delerm, ses textes sont très beaux. J’adore aussi Leonard Cohen, Bob Dylan ou encore Taylor Swift et son dernier album qui est excellent. Je suis fasciné à l’idée que l’on puisse raconter des histoires en quelques minutes. La musique m’inspire beaucoup plus qu’un humoriste par exemple. Plus jeune, j’ai passé tous mes étés en Angleterre donc mes références sont très accès pop.

Quels sont tes projets à venir ?

J’ai déjà des dates de programmées pour le printemps. Dès février, je pourrai présenter mon spectacle « L’amoureux solitaire ». Et en septembre 2021, je présenterai un projet qui est le résultat de la fusion de deux spectacles. J’ai beaucoup travaillé dessus pendant le confinement. 

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